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ZOUMANA CAMARA : ENTRAÎNEUR D'AVENIR OU SIMPLE PROMESSE ?

  • Photo du rédacteur: Yannick L.
    Yannick L.
  • 4 mars
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 5 mars


À l’approche de l’anniversaire de l’arrivée de Zoumana Camara à la tête du MHSC, il est l’heure de dresser un bilan de celui qu’on présente comme un entraîneur intelligent, et qui devait instaurer un nouveau départ pour le club pailladin. Alors, qu’en est-il ?


De nos jours, ce qui compte ce sont les datas, les stats et les points. Avant le déplacement en Lorraine, à Nancy, sous la direction de "Papus", le MHSC compte 14 victoires, 5 nuls et 16 défaites. Alors certes, il y avait une intronisation pour la fin de saison cataclysmique en Ligue 1 (lorsque le MHSC cumulait les buts encaissés plutôt que des points dans un classement où il finira bon dernier au fond du trou). Donc, forcément, ces derniers matchs pèsent dans le bilan. Mais, avec le deuxième budget de Ligue 2 cette saison, l’avenir du MHSC doit-il se conjuguer avec Zoumana Camara ?


Montpellier a fait partir tous les gros salaires, tous les joueurs en fin de cycle et avec des moyens limités, l’entraîneur a pu valider certains transferts, allant jusqu’à se passer volontairement (en accord avec la majorité des supporters) de son ancien capitaine, Téji Savanier, seul véritable rescapé majeur du naufrage dans l’effectif. Les premiers résultats sont très moyens, voire inquiétants, plaçant Camara sur un siège vacillant. On lui reproche certains choix discutables, avec notamment le placement de Mouanga en milieu défensif alors qu’il était une des seules satisfactions avec Jean-Louis Gasset. On sait qu’il faut du temps pour que la mayonnaise prenne. Puis, le MHSC enchaîne une belle série de six matchs sans défaite.  Les sourires reviennent, bien que le jeu ne soit pas très chatoyant. L’important c’est les trois points, comme on dit. On nous parle d’équipe jeune, qui apprend, qui écoute. Mais quand la machine s’enraye, le technicien parlera encore de la jeunesse, qu’il faut "être patient", que "Rome ne s’est pas fait en un jour", qu’il faut laver les têtes de la saison dernière, qu’il ne peut pas rivaliser en budget avec des équipes comme Reims, Troyes ou encore Saint-Étienne...


Un budget conséquent

Pourtant, le MHSC compte le deuxième budget de Ligue 2 avec 29M€, loin des équipes qui proposent un beau jeu comme le Mans (9M€), Pau (7M€) ou encore Dunkerque (10.5M€), par exemple. Montpellier compte plus de budget que ces trois clubs ! Alors oui, il est trop facile de tout imputer à Camara, mais ce discours non conquérant de ne pas pouvoir rivaliser avec d’autres équipes pour l’accession en Ligue 1 ne permet pas aux joueurs héraultais de se sublimer. Il y aura tout de même quelques éclairs, avec cette qualification à Metz en coupe de France. Cette compétition a d'ailleurs toujours eu une place particulière dans le coeur des Montpelliérains. Elle nous aura malgré tout offert quelques belles éclaircies au cours de cette saison. Mais tout basculera à nouveau vers une sinistrose aiguë avec cette semaine de défaites face à Nice (après avoir mené 2-0) ou encore la défaite 1-0 à Geoffroy Guichard, face à l'ASSE.


Zoumana Camara lors d'un match au stade de la Mosson
Zoumana Camara lors d'un match au stade de la Mosson

 

Agacé de devoir se justifier de la sortie de Téji Savanier (encore une fois), Zoumana Camara dira à nouveau qu’il ne peut pas lutter avec ces grosses équipes, qu’il n’avait pas à commenter ses choix, qu’on n’était pas dans une arène à Rome (ouf il a dit Rome) et que la plèbe n’avait pas son mot à dire. La plèbe, autant dire les supporters, qui auront pourtant été des héros tout le long lors des déplacements et auront toujours entonnés des chants de soutien quand l’équipe défaillait comme lors de la désillusion contre Boulogne (3-1).


Aujourd'hui, le MHSC se positionne à la 9e place du championnat et seul Camara voit l’équipe avancer sur le bon chemin, à son rythme, au rythme du discours du coach et en ne s’affolant pas plus que ça, même quand elle est menée au score. On aimerait entendre un coach qui assume ses erreurs, un entraîneur qui soit conquérant sans être nuancé, un technicien qui donne envie, qui doit sonner la rébellion. Alors oui, "Papus" est un jeune entraineur, certes, mais il a été l'entraîneur adjoint du PSG pendant six ans puis a effectué trois saisons en tant que coach des U19 du club de la Capitale. Aujourd'hui, il a un rôle, celui d’insuffler et non de souffler de dépit. Pour que le soleil brille, pour que les émotions reviennent, Camara ne doit plus parler du passé mais changer, notamment en ayant un impact sur le déroulement d’un match. On peut dire que certaines compositions d’équipe de départ étaient pertinentes et performantes dans le résultat, mais face à des entraîneurs plus pragmatiques (Puel, Montanier, ...) il doit pouvoir répondre ou influer dans ses choix et ne plus faire de remplacements à la 85e minute.


Le véritable bilan se fera en fin de saison, mais si l’équipe ne finit pas en boulet de canon, comme l’est Julien Laporte, le nouveau capitaine, alors cette saison aura été un pétard mouillé et il faudra se poser la question de la suite pour le MHSC et pour Zoumana Camara également.


crédit photo : mhsc

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